16 Octobre 2020

Programme Artemis: retour d’humains sur la Lune

La NASA a précisé le scénario du programme Artemis : atterrissage d’une femme et d’un homme sur la Lune en 2024, suivie d’une phase d'exploration/prospection via la station Gateway, et à partir de 2030, la construction d’une base lunaire.
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Crédits : NASA.

 

« C’est un petit pas pour l’Homme, un bond de géant pour l’humanité ». Cette phrase pourrait très bientôt être dite par une femme. C’est l’objectif de la 1ère phase du programme Artemis de la NASA : déposer 2 astronautes — une femme et un homme — au pôle Sud de la Lune en 2024. Le planning est extrêmement serré car il repose sur la validation de la fusée la plus puissante depuis Saturne V, à savoir le lanceur SLS (Space Launch System), sur celle du vaisseau habitable Orion dont le module de service est fourni par l'Agence spatiale européenne (ESA) et sur le développement complet d’un nouveau module de descente lunaire appelé HLS (Human Landing System), l’équivalent du LEM du programme Apollo.

Timing de la 1ère phase d’Artemis

  • Artemis I en novembre 2021 : 1er lancement de SLS et 1er vol d'Orion autour de la Lune 
  • Artemis II en 2023 : 1er voyage habité avec 4 astronautes pour un vol autour de la Lune 
  • Artemis III en 2024 : 2e voyage habité avec 4 astronautes, atterrissage au pôle Sud de 2 astronautes dans le module de descente lunaire HLS

 

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Représentation d'artiste du vaisseau Orion en approche de la station Gateway dans sa version internationale (après 2024). Crédits : NASA.

Gateway, une station en orbite lunaire

« Au départ, le retour d’astronautes sur la Lune était visé pour 2028, explique Jean Blouvac, responsable des programmes Exploration et vol habité au CNES. Mais, à la demande du président américain Donald Trump, ce retour a été avancé à 2024. Le schéma actuel (NDLR : publié le 21/09/2020) ne précise pas si les astronautes passeront par le Gateway. La construction de cette station en orbite lunaire, nécessaire pour un retour durable sur la Lune ou préparer des voyages plus lointains, se déroule en parallèle de la 1ère phase d'Artemis. L’envoi de ses 1ers modules par un lanceur privé américain est prévu à partir de 2023. »

L’Europe participera à la construction de la station Gateway dans un 2e temps, avec la livraison du module d’habitation international I-HAB à partir de 2025, puis, en 2026 ou 2027, la livraison du module ESPRIT qui offrira des capacités de communication supplémentaires avec la Lune, un système de rechargement de fluides propulsifs (xénon et hydrazine) et un poste d’observation. Les industriels français sont très impliqués dans le développement de ces 2 modules : ESPRIT est sous la maîtrise d’œuvre de Thales Alenia Space France, avec l'implication d'autres sous-traitants français ; l'industrie française va également fournir d’importants sous-systèmes d’avionique et de support vie à I-HAB sous maîtrise d’œuvre de Thales Alenia Space Italie.

« Participer à un programme d’exploration comme Artemis permet de positionner la France au cœur d’enjeux majeurs, scientifiques, politiques, technologiques, industriels, sociétaux, souligne Amélie Gravier, conseillère Affaires européennes et internationales au CNES. Nous y participons via le programme d’exploration E3P (European Exploration Envelope Programme) de l’ESA qui intègre dans une logique d’exploration unifiée l’orbite basse (ISS), la Lune et la planète Mars. Le CNES a une grande tradition de coopération internationale, et les États-Unis comptent parmi nos partenaires historiques. »

Avec des astronautes européens

A patir de 2025, 3 vols d'astronautes européens à destination de la station Gateway sont d’ores et déjà négociés avec la NASA. Ces vols prépareront la possibilité d’astronautes européens sur la Lune dans les phases ultérieures d'Artemis, pour la fin de la décennie. 

Gateway et le programme Artemis sont le prélude à une occupation durable de la Lune et à plus long terme de l’envoi d’astronautes vers Mars

ajoute Jean Blouvac.  

Pour l'heure, la NASA cherche à obtenir les budgets nécessaires à la 1ère phase d'Artemis afin de pouvoir respecter l’échéance de 2024. Le Congrès américain est appelé à décider 3,2 milliards de dollars avant la fin de l’année, dans le contexte de l’élection présidentielle américaine. Pour les 4 années suivantes, il faudra ajouter, selon les estimations récentes de la NASA, 25 milliards de dollars dont 16 milliards pour le développement du module de descente lunaire. 

Le vaisseau Orion dont le module de service et de propulsion est fourni par l'ESA. Crédits : ESA/D. Ducros. 

 

 


La station Gateway. Crédits : ESA/NASA/ATG Medialab, 2019.

 


Amélie Gravier, conseillère Affaires européennes et internationales au CNES. Crédits : CNES/GRIMAULT Emmanuel, 2019.

 

Jean Blouvac, responsable des programmes Exploration et vol habité au CNES. Crédits : CNES/TRONQUART Nicolas, 2019.

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Illustration d'activités scientifiques et technologiques sur la Lune lors de missions Artemis. Crédits : NASA.
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