7 Octobre 2015

Tchouri, la comète aux deux lobes

Rosetta révèle la structure interne du noyau de la comète Churyumov-Gerasimenko

Les noyaux cométaires sont des objets kilométriques qui se sont formés au tout début de l'histoire du système solaire dans la nébuleuse primitive. Toutefois, les processus qui ont conduit à la formation de ces objets à partir de poussières restent très mal connus et font l'objet de recherches très actives dans la communauté scientifique. La mission Rosetta a pour but de mieux comprendre ces processus à travers une étude détaillée d'un noyau, celui de la comète Churyumov-Gerasimenko, rebaptisée « Tchouri ».

 Lors de la phase d'approche de la comète lors de l'été 2014, les premières images obtenues par les caméras de l'instrument OSIRIS à bord de la sonde ont révélé que le noyau est formé de deux « lobes » posés l'un sur l'autre.

Tchouri

Les deux lobes de 67P. Crédits: ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team 

Les images à plus haute résolution obtenues par l'instrument OSIRIS ont également révélé une grande variété de structures géologiques présentes à la surface de la comète. Parmi ces structures, les chercheurs ont pu identifier une centaine de « terrasses » de hauteurs variant entre quelques dizaines et quelques centaines de mètres.

Vue d'un système de terrasses à la surface de la comète observée par  la caméra OSIRIS/NAC à bord de la sonde ROSETTA

Zoom sur la comète. Crédits: ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team 

Ces structures ont été analysées en détails par le Dr Massironi et ses collaborateurs, qui ont pu ainsi relier les propriétés (hauteurs et pentes) des principales terrasses pour mettre en évidence la présence d'une stratification à grande échelle sous la surface de la comète Tchouri. Au total, ils ont  pu ainsi identifier cinq à six strates d'épaisseurs variables sur chacun des deux lobes de la comète correspondant à une épaisseur totale de 650 m. La répartition spatiale de ces strates semble par ailleurs montrer que la comète s'est formé par l'agglomération des deux lobes observés actuellement par la sonde, formant ainsi ce qu'on appelle une « binaire de contact ».

La présence de nombreuses strates sous la surface de la comète est un résultat plutôt inattendu de la mission Rosetta.  Elle permettra d'apporter des contraintes sur les processus d'accrétion qui ont conduit à la formation des noyaux cométaires, vestiges de la formation du système solaire.