5 Décembre 2011

Depuis 1992 : Topex-Poséidon, Jason 1 et Jason 2 voient la mer monter

Depuis le début des années 90, les satellites altimétriques de très haute précision Topex/Poseidon (1993-2006), Jason-1 (2001) et Jason-2 (2008) mesurent, avec une précision remarquable, l’élévation actuelle du niveau de la mer qui se poursuit inexorablement au rythme de 3,5 millimètres par an en moyenne.
Fonte de la banquise

50 ans de résultats scientifiques

Depuis 1992 : Topex-Poséidon, Jason 1 et Jason 2 voient la mer monter

Cette hausse est deux fois plus rapide que celle mesurée par les marégraphes au cours des 50 dernières années. Et en plus, elle n’est pas uniforme : dans certaines régions comme l’ouest du Pacifique ou le nord de l’Atlantique, la mer a monté trois à quatre plus vite que la moyenne depuis 1993.

L’océan se dilate, les glaces fondent…

Il n’y a plus guère de doute que la hausse actuelle du niveau de la mer résulte du réchauffement de la planète.

Grâce à des mesures de température de l’océan collectées par des bateaux et plus récemment par les flotteurs profilants du système international Argos, les océanographes ont découvert que l’océan s’est beaucoup réchauffé depuis une trentaine d’années. Résultat : il se dilate et la mer monte.

Ce phénomène explique environ 1/3 de la hausse du niveau de la mer mesurée par les satellites altimétriques depuis 18 ans.

Les 2/3 restants résultent de la fonte des glaces continentales, également répartis entre deux effets :

  • la fonte (quasi généralisée) des glaciers de montagne
  • et la perte de glace des calottes polaires.

Jusqu’au début des années 90, le bilan de masse des calottes polaires du Groenland et de l’Antarctique était resté quasiment inconnu. Depuis cette date, diverses observations spatiales mesurent les variations de masse des deux calottes : l’interférométrie radar, la gravimétrie spatiale avec GRACE et bien sur, l’altimétrie avec Topex-Poseidon puis Jason 1 et 2. Depuis le début des années 2000, les régions périphériques du Groenland et l’Antarctique de l’ouest ont perdu chacune en moyenne 150 milliards de tonnes de glace par an (soit une hausse du niveau de la mer proche de 1 millimètre par an si on considère la contribution totale des deux calottes).

Cette importante perte de masse de glace, qui s’est accélérée ces dernières années, est due à l’écoulement très rapide des glaciers côtiers vers la mer, devenus instables sous l’effet du réchauffement des eaux océaniques adjacentes.

La hausse du niveau des mers n'est pas uniforme

Dans certaines régions comme l’ouest du Pacifique ou le nord de l’Atlantique, la mer a monté 3 à 4 fois plus vite que la moyenne depuis 1993.

Et demain ?

La dynamique des calottes polaires est complexe et encore mal comprise. On ne sait pas encore si les phénomènes observés depuis quelques années vont s’atténuer ou au contraire s’emballer. Si elles fondaient totalement, les glaces stockées actuellement dans les calottes du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest, la partie la plus instable de ce continent, feraient monter le niveau de la mer de 12 m environ ! Il s’agit là d'une incertitude majeure pour les modèles de climat qui simulent l’évolution future du niveau de la mer.

La hausse du niveau de la mer constitue une menace inquiétante pour de nombreuses régions côtières basses, souvent très peuplées, de la planète. A la hausse liée au réchauffement climatique et à son importante variabilité régionale, s’ajoutent d’autres phénomènes, non climatiques, comme l’enfoncement du sol dû par exemple à la charge des sédiments dans les deltas des grands fleuves ou encore au pompage des eaux souterraines et à l’extraction de gaz et de pétrole qui viennent amplifier les effets du climat.

La mesure continue et globale de l’évolution du niveau de la mer par altimétrie spatiale est un enjeu crucial qui doit impérativement se poursuivre à long terme. Outre leur intérêt pour détecter une éventuelle accélération du phénomène, ces observations permettront de valider les modèles de climat utilisés pour calculer la hausse future de la mer et étudier ses impacts dans les régions côtières basses et hautement peuplées de la planète.

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