11 Janvier 2012

Planck se réchauffe

Le samedi 14 janvier 2012 à midi, la pression de l’Helium 3 dans les réservoirs de Planck est passée au-dessous du seuil minimal nécessaire pour maintenir le plan focal de l’instrument HFI à sa température record de 100 mK.

Grâce à une gestion très fine des vannes d’Helium, les équipes en charge des opérations HFI auront ainsi réussi à doubler la durée de la mission : 36 mois d’observation quasi continue, et 5 relevés consécutifs du ciel dans le domaine des micro-ondes au lieu des 2 prévus, le tout avec une sensibilité près de deux fois meilleure que les spécifications.

Les dernières semaines de HFI « froid » ont été mises à profit pour acquérir les ultimes données de calibration nécessaires : accélération de la vitesse de la rotation du satellite, observation de Mars, de Jupiter – terminée juste à temps avant la remontée de la température.

Celle-ci va être très progressive et contrôlée, grâce à une gestion intelligente des vannes pour extraire les dernières volutes d’Helium 3 des réservoirs. Ainsi, le 16 janvier, les bolomètres de HFI affichaient encore une température de 110 mK seulement. Cette période de quelques semaines sera utilisée pour mettre à jour des mesures de calibration de certaines électroniques. Ensuite, HFI restera sous tension pendant un an supplémentaire pour permettre à LFI, qui fonctionne à 4 K, d’acquérir des mesures supplémentaires dans des conditions parfaitement stables au cours d’une extension de mission appelée « Planck tiède ».

La moisson scientifique de Planck-HFI et du second instrument LFI ne fait que commencer, mais elle promet d’être considérable. Dès janvier 2011, les scientifiques réunis à la Villette, à Paris, ont dévoilé les premiers résultats : un catalogue d’objets aussi variés que très attendus par la quasi-totalité de la communauté astrophysique mondiale, comprenant des amas de galaxies lointains, des proto-étoiles à tous les stades de leur formation, des informations statistiques précieuses sur le fond diffus infrarouge, cette lumière qui baigne notre ciel et dont on pense qu’elle provient de l’ensemble des galaxies lointaines, etc.

Du 13 au 16 février prochain, les scientifiques se réunissent à nouveau à Bologne pour présenter les nouveaux résultats acquis dans ces domaines depuis un an. Les résultats cosmologiques (c’est-à-dire les caractéristiques du fond diffus cosmologique – CMB – , la première lumière émise dans l’Univers) issus des deux premiers relevés, l’objectif primordial de Planck, seront quant à eux dévoilés début 2013. D’ici là, les équipes scientifiques vont mettre la touche finale au traitement des données, véritable travail d’orfèvre piloté par l’Institut d’Astrophysique de Paris, qui consiste à séparer de la mesure brute les différentes composantes astrophysiques (lumière galactique, fond diffus infrarouge, amas de galaxies et finalement le CMB) et les artéfacts produits par le satellite et par son mouvement.

Le travail continuera ensuite jusqu’en 2014 au moins pour traiter l’ensemble des relevés et atteindre une précision historique – Planck est qualifiée de mission « ultime » : sa sensibilité n’est pas limitée par les performances instrumentales mais par le bruit de photons du CMB, barrière naturelle infranchissable…

Planck-HFI, instrument international développé sous la responsabilité de l’Institut d’Astrophysique Spatiale à Orsay et impliquant de nombreux autres laboratoires du CNRS et du CEA soutenus par le CNES, restera comme une mission exemplaire dans l’histoire du spatial.

Contacts

Responsable de la thématique astrophysique : Olivier La Marle

 

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